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Effort et Résultats

功夫不负有心人 (gōng fū bù fù yǒu xīn rén).
Cela se traduit littéralement par « Le travail acharné ne trahit pas celui qui persévère ». Cela signifie que des efforts constants et une persévérance inébranlable finissent toujours par porter leurs fruits. Ce chengyu met en lumière l’importance de l’effort et de la patience dans la réalisation de ses objectifs.

Dans notre société moderne, où l’on privilégie souvent le résultat immédiat au détriment de l’effort et de la patience, la pratique d’une discipline telle que les arts martiaux chinois peut sembler difficile, voire frustrante, pour ceux qui espèrent constater rapidement des résultats ou une progression en fonction de leur investissement financier, temporel ou physique. Pourtant, ces arts exigent avant tout de la patience et de la persévérance. Ils se construisent sur le long terme, à travers un effort constant du corps et de l’esprit.

Si votre professeur est imprégné de la culture chinoise, vous apprendrez que ces pratiques se fondent également sur la loyauté et la vertu, plutôt que sur un intérêt immédiat. Le temps et l’effort sont des éléments essentiels qui constituent l’essence même du terme « Kung Fu ». Ce mot signifie littéralement « maîtrise par le travail acharné », auquel il convient d’ajouter la notion de temporalité.

Cela contraste fortement avec la pensée cartésienne, qui tend à résoudre les problèmes en isolant leurs différents composants pour proposer la meilleure solution dans un cadre défini. En revanche, la pensée chinoise, influencée par le taoïsme, perçoit la réalité de manière plus fluide et holistique. Un problème à un moment T peut ne plus en être un à un moment T+1, et une solution valable à un moment donné peut perdre toute pertinence par la suite. Cette approche valorise l’adaptation, l’harmonie et le développement continu, en opposition à une logique plus rigide et analytique, propre à l’Occident.

L’image des personnages habillés en bonzes qui manifestent pour exiger la vacuité est une métaphore saisissante d’une société basée sur l’investissement et le résultat immédiat.

En somme, les arts martiaux chinois nous enseignent que la véritable progression ne se mesure pas à l’aune de résultats immédiats, mais à travers le temps, l’effort, et l’alignement avec des principes de vie plus profonds.

Les Trois Forces du Kung Fu

Dans mon interprétation du Kung Fu, j’aime dire que nous avons trois moyens de générer de la puissance, formant une trinité que j’appelle la Terre, le Ciel et l’Homme, ou autrement dit, la structure, l’intention et le souffle, aussi connus sous les noms de Shen, Yi et Qi. Derrière cette appellation ésotérique se cache une réalité plus simple à appréhender, que je vais vous expliquer à travers l’exemple du coup de poing en trois formes.

1. La Terre (Shen, la structure, le Dantian inférieur)

Cette énergie puise ses racines dans l’ancrage et la stabilité. Dans le Hung Gar, par exemple, elle se manifeste par la transition entre le Mabu (position du cavalier) et le Gongbu (position de l’arc et de la flèche). La jambe arrière donne l’impulsion, la force transite à travers chaque articulation, la hanche déploie l’énergie, le tronc se solidifie pour permettre la propagation de cette force, l’épaule lance le bras, et le poing part comme un boulet de canon. C’est le principe de l’énergie terrestre, qui tire sa force du sol et additionne la contribution de chaque articulation, en minimisant les gestes parasites.

2. Le Ciel (Yi, l’intention, le Dantian supérieur)

Cette énergie dépend moins de l’ancrage et davantage de la spontanéité et du relâchement complet du corps, permettant de frapper comme un fouet. Ici, la force émane de l’intention et, plus mécaniquement, de la zone scapulaire et des épaules. Le haut du corps initie le mouvement, générant une énergie cinétique qui se propage à travers les bras. Ceux-ci deviennent des fouets ou des boules destructrices, capables de fendre l’air grâce à la rotation des épaules. Cette énergie cinétique, créée par la combinaison de la vitesse, de la fluidité et de la rotation, permet de libérer une force explosive. On retrouve cette approche dans des styles comme le Choy Lee Fut ou le Dong Bei Quan, où le relâchement et la rapidité sont primordiales. Les membres inférieurs suivent le mouvement du haut du corps, créant un cycle de relance et de frappe continue.

Metallic Wrecking Ball Shattering The White Wall. 3D Illustration.

3. L’Homme (Qi, le souffle, le Dantian moyen)

Cette énergie, à la fois complexe et naturelle, est présente dans le Pak Mei et les styles anciens de Wuzu Quan. Nous la maîtrisons tous depuis l’enfance, par des actions comme éternuer, bailler, avoir le hoquet ou tousser. C’est d’ailleurs en toussant que je fais découvrir cette énergie : en frappant tout en toussant fortement. Pour illustrer cette force, on peut la comparer à un volcan en éruption. Comme un volcan qui accumule une pression immense sous une surface calme, le pratiquant accumule son énergie intérieure. Puis, à un moment précis, cette énergie est libérée de manière explosive, projetant une force irrésistible vers l’extérieur. Le diaphragme se contracte, le dos s’arrondit, et une grande force de contraction et de rétraction se déploie, que j’appelle « cracher ». L’inverse, qui consiste à redresser soudainement son dos en inspirant fortement et en poussant vers l’extérieur, s’appelle « avaler ». Cette énergie est brève, explosive, et très dépendante de la technique ainsi que des muscles profonds. Elle combine les deux premiers aspects, à savoir une structure inébranlable et un esprit affûté, permettant d’unir les trois forces.

Kevin Kim Heng

Doit-on crier « Woa » ou « Hu » pour le Tigre 🐯 ? »Hok » ou « He » pour la Grue 🦢 ?

Par Kevin Kim Heng

Par cette question intrigante, j’aborde une fois de plus l’évolution du wushu moderne, influencée non seulement par sa dimension sportive mais aussi par des aspects culturels et linguistiques. Ce sujet met en lumière la richesse de la tradition martiale chinoise et ses transformations au fil du temps, notamment dans le contexte des langues régionales et de leur uniformisation.
Dans cet article, je reviendrai aux sources légendaires des techniques, et par convention, les termes chinois seront transcrits en cantonais, sauf précision contraire.

La griffe du Tigre : Origine et puissance

La célèbre griffe du Tigre, appelée Fu Jow (虎爪), trouve ses racines dans le Hung Gar, et plus spécifiquement dans le style du Tigre Noir de Shaolin (Hak Fu Pai). Cette école aurait été enseignée par le légendaire moine Gee Sin Sim See, qui, selon la tradition, aurait survécu à la destruction du monastère de Shaolin et transmis ses techniques aux pratiquants du Shaolin du Sud.

De ce fait, les écoles de Shaolin du Sud partagent des techniques similaires, et la griffe du tigre est présente dans plusieurs styles, tels que le Hung Gar, le Jow Gar et le Mok Gar.
L’exécution de cette technique varie légèrement selon le style, mais son cri caractéristique demeure : « Woa ».
Ce cri est un son guttural, émis depuis le fond de la gorge grâce à une contraction rapide du diaphragme, projetant un souffle court et explosif. Il existe des variantes dans lesquelles les pratiquants crient « Wa » ; à mon sens, il s’agit d’une simplification du cri original, car le « o » joue un rôle crucial dans la structure du cri. Le « o » permet au son de s’exécuter en deux temps : un premier temps où l’énergie descend vers le bas, avant de remonter avec force, à l’image d’un tigre bondissant.

 Ce type de cri amplifie la puissance et l’intensité émotionnelle de la technique, tout en favorisant une respiration profonde et contrôlée, essentielle dans le Hung Gar.

Le bec de la Grue : Une influence plus tardive

Le bec de Grue puise ses origines dans une autre histoire légendaire. Contrairement au Tigre, la Grue aurait été introduite plus tard dans le Hung Gar. Selon la tradition, cette influence viendrait de Hung Hei Goon, fondateur du style, qui aurait intégré les techniques de la Grue Blanche du Fujian grâce à son épouse, Fong Wing Chun, une experte de cet art.

Les techniques de la Grue dans le Hung Gar sont peu nombreuses — tout au plus deux mouvements clés — mais elles se distinguent par leur signature visuelle et sonore :

  • La posture du corps en Diu Ma (ou Xu Pu), une position stable et enracinée.
  • La main en forme de bec de grue, piquant vers le visage ou des points vitaux.
  • Le cri distinctif « Hok », un son aigu rappelant le cri d’un oiseau, produit rapidement avec une impulsion diaphragmatique.

Ce cri, bien que différent de celui du Tigre, partage une origine similaire : il utilise le fond de la gorge mais mobilise davantage la hauteur vocale, exprimant la légèreté et la précision de l’oiseau.

Pourquoi « Hu » pour le Tigre et « He » pour la Grue aujourd’hui ?

Il n’est pas rare d’entendre aujourd’hui les sons « Hu » (虎) pour le Tigre et « He » (鹤) pour la Grue dans les compétitions ou lors de démonstrations. Cette transformation linguistique peut s’expliquer par deux hypothèses principales :

  1. L’unification linguistique sous le mandarin : Le mandarin (Putonghua), langue officielle de la Chine, est devenu un standard national, influençant les termes employés dans les arts martiaux, souvent au détriment des dialectes comme le cantonais.
  2. Une adaptation progressive par mimétisme : Avec le temps, des pratiquants non sinophones ont adopté les termes mandarinisés, et cette pratique s’est répandue, devenant une norme. C’est un phénomène comparable à l’utilisation généralisée du terme Kung Fu pour désigner les arts martiaux chinois.

Pourquoi préférer « Woa » et « Hok » ?

Personnellement, je privilégie les sons « Woa » et « Hok », non seulement par conviction traditionaliste, mais aussi en raison de leur pertinence technique et émotionnelle dans le Hung Gar, un style profondément enraciné dans l’expression corporelle et vocale.

  • Pour le Tigre : Le son « Woa » permet de prolonger la syllabe « a » en fin de cri, générant davantage de puissance. Essayez : criez un « aaa » méchant devant un miroir, puis essayez avec « ou » ; vous constaterez que le premier donne une expression faciale plus agressive et intense. Cette agressivité reflète l’essence même du Tigre : féroce, dominant et imposant.
  • Pour la Grue : Bien que la différence entre « Hok » et « He » soit moins marquée, « Hok » conserve une authenticité et une efficacité singulières. Le son mobilise moins les muscles du haut de la gorge, limitant la tension inutile, tandis que la bouche reste arrondie, favorisant la rapidité et la fluidité du geste. Ces éléments sont essentiels pour incarner la légèreté et la précision de la Grue.

En conclusion, la question des sons dans les arts martiaux dépasse la simple phonétique. Elle reflète des choix culturels, techniques et parfois personnels, témoignant de la richesse et de la diversité des arts martiaux chinois. Que vous choisissiez « Woa » ou « Hu », « Hok » ou « He », l’essentiel reste l’intention, la technique et la fidélité à l’esprit du style que vous pratiquez.

Reprise de la saison sportive !

Bonjour à tous,

J’espère que vous avez passé de bonnes vacances et que vous êtes prêt à attaquer la nouvelle saison 2024/2025.

Voici les informations utiles pour la prochaine saison

Dates de reprise :
Mardi 2 septembre reprise des cours de Kung Fu à l’arche guedon

Mercredi 4 septembre Reprise des cours de Tai Chi a Paris

Jeudi 5 septembre reprise des cours de Tai Chi a Torcy

Samedi 7 septembre forum des associations de Torcy

Dimanche 15 septembre forum des associations de Paris.

J’espère vous retrouver rapidement et en forme pour les entraînements avec Sifu Bill Tsé

Fin de saison 2024/2025

La saison 2023/2024 arrive bientôt à son terme.

Fin des cours le jeudi 4 Juillet

Reprise des cours de la saison 2024/2025 le mardi 3 Septembre

Forum des Association 2024/2025

Le 7 Septembre au gymnase Roger Couderc de Torcy.

A cette occasion, l’association recherche des volontaires pour l’installation et la tenu du stand de 11h à 17h

Kung Fu chinois 中国功夫

Traduction de la chanson, kung fu chinois qui a ete un hymne au kung fu au meme titre que la chanson « homme de détermination »

 » Kung Fu chinois

Accroupi comme un arc, Droit comme un pin

Pas de mouvement, pas de balancement, assis comme une cloche

Se mouvoir comme un coup de vent

Poing du sud et jambe du nord

Shaolin et Wudang kung fu

Tai chi, et bagua lian huan zhang (techniques)

La puissance divine du kung fu de chine

Le bâton balaie une grande surface,

La lance trace une ligne

Corps léger comme une hirondelle dans les nuages,

la fierté héroïque s’envole vers le ciel

Renforcement externe des tendons, des os et de la peau

Renforcement interne du avec une bouffé d’air (qi)

Souple et dure a la fois nous ne baissont pas la tête, nous avons le ciel et la terre dans nos cœurs

(Premier paragraphe)

Avec l’épée Qingfeng à la main, double epee detourne le regard (tres profond)

Lorsque qu’un véritable maître de kung fu leve la main, celui ci sait (si l’adversaire connait le kung fu)

Les mains sont deux portes, sous les pieds est une racine

L’ame du kung fu a ete nourri par l’eau et la terre des 4 coins de la Chine

Dragon de l’est, les fils et les filles sont comme des héros

Le ciel est haut, la terre est large, le vent souffle dans huit directions, la Chine a un kungfu incroyable ! « 

Sifu et maitre quelle est la différence ?

Définition

Nous sommes ici face à deux termes issus de langues et de cultures différentes, qui désignent un concept similaire mais avec des nuances importantes de portée et de signification.

En chinois

« Sifu » en chinois signifie littéralement « celui en charge de l’apprentissage » ou « figure paternelle responsable de l’apprentissage, » selon son écriture. Ce terme peut s’appliquer dans trois cas :

  • Celui qui maîtrise une discipline
  • Celui qui enseigne une discipline
  • Celui qui représente une discipline

Dans chaque cas, le terme « Sifu » intègre toujours la notion d’apprentissage et est lié à une discipline spécifique, sans jamais inclure d’idée de possession ou de domination.

En France, « Sifu » est souvent traduit par « Maître de Kung Fu, » bien que cette traduction puisse parfois être simpliste ou inadéquate.

En français

Le terme « Maître » en occident est plus large et moins précis, couvrant au moins sept définitions différentes :

  1. Celui qui exerce son autorité
  2. Celui qui exerce sa domination, ou qui peut avoir un rôle de soumission (par exemple, dans le cadre de relations sexuelles)
  3. Celui qui enseigne une discipline
  4. Celui qui possède ou est propriétaire de biens, d’esclaves ou d’animaux
  5. Celui qui domine un art
  6. Celui qui est responsable d’une tâche (Maître des comptes)
  7. Titre militaire ou professionnel (avocat, par exemple)

Il est donc difficile de traduire le terme « Maître » du français au chinois, car des composantes telles que la domination et la possession, présentes dans le mot « Maître », ne font pas partie de la définition de « Sifu, » qui se limite essentiellement à la notion d’apprentissage et, dans certains cas, de responsabilité.

Les différences

La relation au terme « Maître » en occident est différente de celle du terme « Sifu » en Chine. En occident, il est relativement aisé de s’attribuer le titre de « Maître » grâce à un diplôme, un statut, ou une propriété. Par exemple :

  • « Je suis le maître de mon chat, Coco. »
  • « Je suis le maître de cérémonie. »
  • « Je suis maître à la cour. »

Le titre est souvent formel et reconnu selon des critères bien définis, tels qu’un diplôme ou une reconnaissance professionnelle.

En Chine, le terme « Sifu » est plus complexe. Il est facilement attribué aux autres, mais rarement utilisé pour soi-même, par humilité et bienséance. La culture chinoise accorde une grande importance aux titres et à la hiérarchie : chaque rôle, position ou génération possède un titre spécifique. Par exemple, en chinois, le terme pour « oncle » varie en fonction de la lignée, de la position hiérarchique et de la génération.

« Sifu » est d’abord une marque de respect et de politesse avant d’être un titre. Il est couramment utilisé pour désigner une personne maîtrisant ou enseignant un art particulier : la conduite, la cuisine, le chant, le combat, etc. Cette notion de respect découle de la maîtrise d’un art.

Dans l’usage, le titre « Sifu » est suivi du nom de famille si celui qui l’utilise n’est pas un élève direct. Seuls les élèves utilisent « Sifu » sans nom de famille, ce qui marque un lien d’apprentissage. Par ailleurs, il existe une différence entre « élève » et « disciple » : le disciple utilise exclusivement « Sifu » comme titre, indiquant un engagement plus profond, alors que l’élève ou l’étudiant peut employer des termes plus génériques tels que « Jiaolian » (Coach) ou « Laoshi » (Professeur).

« Sifu » devient un véritable titre lorsqu’il inclut l’héritage et la responsabilité de préserver un enseignement. Ce titre n’est donc pas purement honorifique, car il contient aussi l’idée de transmission et de représentation d’une tradition.

Traduire mot pour mot un terme d’une langue à une autre sans prendre en compte les différences culturelles peut conduire à des malentendus. En français, le terme « Sifu » semble souvent galvaudé lorsqu’il est considéré uniquement comme un titre honorifique, alors qu’il est avant tout une marque de respect liée à la responsabilité de l’enseignement.

Comme le dit souvent Sifu Billy Tsé lorsqu’on l’appelle « Maître » : « Un mètre 70 ! »

Kevin

Rentrée saison 2022 / 2023

Reprise des cours de Kung Fu et de Tai Chi à partir du jeudi 1er septembre au gymnase de l’arche guedon.

Horaires et emplacement inchangé

Retrouvez notre équipe lors du forum des associations au village sport du Gymnase Roger Couderc

➡️ Quand : Samedi 3 Septembre

➡️ Ou : Gymnase Roger Courderc