Chaque style possède sa propre panoplie de techniques — des gestes d’attaque et de défense qui forment l’alphabet de notre kung-fu.
Ces exercices fondamentaux, où chaque mouvement devient une lettre gravée dans le corps, s’enchaînent pour devenir des mots. Ensemble, ils forment le vocabulaire corporel de notre art.
Vient ensuite la posture, la respiration, la fluidité intérieure : c’est le shen fa, la calligraphie du kung-fu, où le corps devient pinceau et l’espace, la page blanche. C’est la manière d’écrire, la plume invisible qui façonne le style et donne une âme à nos mots.
Les enchaînements codifiés face à des adversaires imaginaires deviennent un dialogue. Chaque technique est une conversation en mouvement, porteur d’une stratégie, d’un rythme, d’une intention. Ce sont les taolu, les chapitres d’un art martial devenu langage.
Et lorsque les mots, l’écriture et les chapitres s’unissent…
C’est un poème qui prend vie.
Un art.
Une mémoire.
Un language silencieux.
Qui transforme…
La brutalité en grâce,
La confrontation en harmonie,
Le combat en dialogue intérieur.
Tid Wan Tang