Dans le monde du wushu, la légitimité fait référence à la reconnaissance d’un pratiquant en tant que représentant crédible et légitime d’un style, d’une école ou d’un courant. Elle se construit à travers le parcours, l’enseignement reçu, les résultats obtenus et l’engagement dans la transmission. Être légitime, ce n’est pas seulement savoir faire : c’est aussi être reconnu comme porteur d’un savoir, d’une tradition ou d’une expertise digne de respect.
En tant que pratiquants, nous consacrons des années à forger notre corps et notre esprit dans la quête de maîtrise. Mais au-delà de cette progression personnelle, nous construisons également notre légitimité en tant qu’enseignants, avec pour objectif de transmettre notre art aux générations futures.
La légitimité peut revêtir plusieurs formes. Elle peut être transmise ou construite, et parfois, elle émerge simplement par l’exercice même de l’enseignement. Chacune de ces formes a ses spécificités, ses forces et ses limites.
La légitimité par transmission
C’est probablement la plus intuitive à comprendre : un enseignant ayant lui-même reçu un enseignement long et significatif de la part d’un maître reconnu. Cette légitimité repose sur le temps passé, l’intensité de la pratique, et la reconnaissance d’un lien maître-disciple. Elle peut être formalisée par un titre, un diplôme ou une désignation explicite comme représentant d’une lignée.
Paradoxalement, c’est aussi la plus exigeante. Elle suppose loyauté, exemplarité, et la prise en charge de responsabilités au sein de l’école ou de la tradition.
La légitimité construite
Elle se fonde sur des éléments que l’on acquiert ou bâtit par soi-même. Cela peut inclure :
Des titres remportés en compétition, que ce soit en technique ou en combat ;
Des grades ou diplômes fédéraux, qui donnent une légitimité dite “officielle” ou légale ;
Une réputation construite sur des faits d’armes, des démonstrations impressionnantes, voire parfois des récits légendaires ;
Une auto-formation sérieuse, nourrie de stages, de lectures, de vidéos — bien que cela ne permette généralement pas de revendiquer l’appartenance à une lignée ou une école traditionnelle.
La légitimité de fait (ou d’opportunité)
Il enseigne. Point.
Parfois, la simple action de transmettre, sans reconnaissance formelle ni filiation directe, suffit à établir une forme de légitimité. Elle peut être temporaire, contestée, ou validée a posteriori par les résultats obtenus.
Pour terminer, il est évident que ces formes de légitimité ne pèsent pas toutes de la même manière selon les individus. Certains valorisent avant tout la lignée et la profondeur de la transmission. D’autres ne jurent que par l’efficacité martiale ou les résultats en compétition. D’autres encore se fient aux diplômes officiels.
Et vous ?
Comment définissez-vous votre propre légitimité ?
Quelle importance accordez-vous à ces différentes formes de reconnaissance ?
Illustration proposée : Une enfant pratiquant le Wushu sous l’œil bienveillant de son sifu, agenouillé à hauteur des autres enfants.